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Les moyens de paiement : Les cartes

Vous êtes ici : » » Les moyens de paiement : Les cartes ; écrit le: 2 mars 2012 par tayechi modifié le 13 octobre 2018

Les moyens de paiement : Les cartesEn tant que moyen de paiement, les cartes bancaires ne présentent que des avantages pour toutes les parties : pour le porteur, la carte est un moyen de paiement simple et universel ; pour le commerçant, elle comporte une garantie de paiement et le dispense d’entreposer du cash ; pour les banques, la carte est un instrument entièrement informatisé dont les coûts de traitement sont faibles (mais les coûts d’investissement élevés).

Les infrastructures techniques

Le traitement des informations véhiculées par les cartes de paiement nécessite des accords d’interbancarité et d’interopérabilité entre les établissements membres du réseau. Ces contraintes techniques ont conduit à une fusion progressive des réseaux de cartes de crédit et de débit afin de rendre les infrastructures compatibles et de réduire les coûts en augmentant le trafic. Le support de la carte (le micro-processeur incorporé ou « puce ») est tout à la fois :



  • actif : il est auto programmable,
  • pro-actif : il interroge le serveur pour l’identification du porteur ou la vérification de la position du compte,
  • interactif : la carte permet un dialogue avec l’usager – par exemple aux Distributeurs de Billets (DDB ou ATM pour Automatic Teller Machine) ou aux points de vente (PDV ou POS pour Point of Sale).

Le microprocesseur comprend plusieurs mémoires : la mémoire travail, la mémoire programme, la mémoire données. La sécurité de la carte est assurée par le microprocesseur incorporé et infalsifiable (destruction automatique de la puce en cas de tentative d’infraction).

Les cartes comportent plusieurs fonctionnalités : fonction de paiement, fonction de retrait et fonction de crédit (ou de paiement différé). La carte permet des paiements à distance à partir d’un terminal PC et le traitement en ligne d’informations numérisées. Un paiement effectué au moyen d’une carte de débit est immédiatement imputé sur le compte du porteur. La carte de crédit bénéficie de certaines facilités de paiement (débit fin de mois, facilités de crédit ou de découvert).

La transaction est effectuée à un point de vente équipé d’une imprimante pour les transactions papier (le « sabot » en voie de disparition) ou d’un terminal pour les transactions électroniques. Celles-ci utilisent un réseau de cartes bancaires comprenant une garantie de paiement pour le commerçant. Dans les systèmes on line, le terminal de paiement installé chez le commerçant est relié au centre serveur de la banque, ce qui lui permet d’identifier le porteur et d’interroger le teneur de compte sur la position. La fonction retrait comprend un trai¬tement interactif : l’usager peut interroger son compte, connaître sa position et accéder à un certain nombre de services.

Le positionnement commercial

Les cartes se séparent fondamentalement en deux catégories : les cartes de débit  les plus utilisées et les cartes de crédit. Les cartes de débit per¬mettent de mouvementer un compte bancaire (fonctions de paiement et retrait), les cartes de crédit bénéficient de certaines facilités de paiement (autorisation de découvert, paiements fin de mois, etc.), les cartes pré¬payées pouvant être considérées comme des cartes de débit.
Pour l’usager, l’utilisation de la carte est d’une grande simplicité et d’un très faible coût.
Pour le commerçant, la carte bénéficie des « extern alités de réseau » :

1) plus le réseau s’étend (en termes de nombre de porteurs et de nom¬bre de points de vente), plus la « valeur » de la carte augmente ;

2) plus le nombre de transactions augmente, plus la rémunération de la fonction paiement devient marginale. L’essentiel des revenus générés par la carte provient des services annexes à valeur ajoutée (assurances, réservations, paiements à distance, etc.) ;

3) la fonction de base (paiement) nécessitant un haut degré d’interban- carité, la concurrence se déplace vers les services annexes ;

4) la carte permet au commerçant de collecter des informations utiles sur ses clients pour affiner sa politique marketing.

En revanche, le commerçant doit payer une commission qu’il ne peut répercuter sur ses clients. En contrepartie, il bénéficie de la garantie des paiements par carte.
Pour la banque, la carte produit des gains de productivité :

  • la carte est un moyen de paiement aisément informatisable ;
  • les paiements par carte sont une source d’informations qui permettent à la banque d’élargir l’offre de services annexes et d’optimiser sa politique marketing en croisant les données produit et les données client ;
  • entièrement informatisée, la carte utilise des modes de traitement de masse propices à la baisse des coûts d’exploitation ;
  • la gestion des balances maintenues sur les comptes débités pour le règlement des cartes génère un gain de trésorerie (float).

La carte combine la centralisation du système de traitement (gain de productivité) et la décentralisation de l’exploitation commerciale (optimisation de la politique de distribution). Les accords d’interbancarité et d’interopé- rabilité imposés par le traitement centralisé en amont n’interdisent pas la concurrence accrue en aval (diversification des cartes, multiplication des services).
En France, le coût de traitement des cartes est de 0,15 à 0,45 euro par opération. Le montant moyen des transactions est de 40 euros pour les paiements et de 60 euros pour les retraits.

Face à un marché français de 45 millions de cartes qui arrive à satura¬tion, les nouveaux entrants bénéficient des investissements accumulés au cours des années par les anciens membres. Le GIE Cartes Bancaires « CB » a donc élaboré un tarif modulable baptisé MERFA (« mécanisme de la régulation de la fonction acquéreur ») : la tarification est dégressive suivant la contribution de la banque émettrice au développement de la technologie des cartes (investissement dans les distributeurs de billets, développement de points d’acceptation chez les commerçants, émission de cartes). Inversement, la contribution est croissante pour les banques qui se contentent d’émettre des cartes.

Une banque émettrice de cartes CB (Visa, MasterCard) qui se limite à l’émission des cartes et exploite le réseau déjà constitué paiera des droits d’adhésion comprenant un droit forfaitaire de 50 000 euros et un montant annuel de 11 euros par carte de paiement et de 3 euros par carte de retrait. Un établissement qui s’impli¬que dans le développement du réseau paiera entre 0 et 11 euros par carte de paiement et entre 0 et 3 euros par carte de retrait. Cette tarification est destinée à favoriser l’innovation, l’extension du nombre de porteurs et la baisse des coûts. En regard, il pénalise les nouveaux adhérents qui sont de simples émetteurs de cartes comme la grande distribution (banque S2P de Carrefour, banque Accor d’Auchan qui a racheté la banque Egg) et les banques en ligne (Axa Banque). Soupçonnant un accord occulte des grandes banques, la Commission Européenne a obligé le GIE CB à suspendre l’application du tarif MERFA. Si l’égalité des membres est res¬pectée, le problème de la rémunération des premiers investissements reste entier.

Aux Etats-Unis, deux groupes – Visa et MasterCard – contrôlent 75 % des transactions d’un marché de près de 1 000 milliards de dollars (49 % de part de marché pour Visa et 28 % pour MasterCard). Menacés de pour¬suites judiciaires pour position dominante de la part des réseaux de distri¬bution (Wal-Mart) et des associations professionnelles de commerçants, les deux groupes ont dû non seulement payer de fortes indemnités mais aussi consentir des baisses de leurs commissions d’un tiers et accepter le « principe de dualité » qui permet à un commerçant d’être affilié à plu¬sieurs réseaux ; ce qui ne devrait laisser subsister à terme que 5 ou 6 réseaux.

La diversification des cartes

La carte de paiement se prête particulièrement bien à une politique marketing de diversification de produits et de segmentation de marché. Les grands réseaux ont entrepris de décliner la carte suivant la cible de clientèle en variant les frais d’abonnement et la gamme des services.

On trouve sur le marché aussi bien des cartes juniors pour fidéliser la clientèle de demain que des cartes seniors comme Visa Premier ou Visa Premier Infinité.

1) Cartes de garantie de chèque

La carte de garantie de chèque est présentée lors de l’émission du chè¬que pour le règlement d’un commerçant ou le retrait d’espèces à un gui¬chet bancaire (dans le réseau Mastercard/Eurochèques par exemple). C’est le cas en Angleterre ou en Belgique où le chèque ne peut être accepté chez un commerçant que s’il est accompagné de la présentation de la carte.

2) Cartes de société

Les cartes de société permettent d’imputer directement à la société les frais de mission ou de représentation du personnel (business card ou cor- porate card) ou les règlements inter-entreprises dans les grands groupes (purchasingpower card).

3) Cartes accréditives

Ancêtres des cartes de paiement/retrait (cartes de débit ou cartes de crédit), les cartes accréditives sont des cartes non bancaires émises par de grands réseaux internationaux comme Discover Card, American Express, Diners Club ou JCG International (Japon). Aujourd’hui ces cartes ne sont plus que des instruments de distinction sociale. L’adhésion sert d’instru¬ment de promotion pour des produits haut de gamme. Concurrencées par les cartes « grand public », ces cartes n’ont conservé leur fonction de paiement que pour servir de vecteur aux activités de services qui représentent la part la plus rémunératrice. L’American Express a d’ailleurs revendu son activité bancaire pour ne conserver que son activité services et agence de voyage. En sens inverse, Citibank qui a beaucoup investi dans la banque de détail (retail banking) a revendu le réseau Diners Club dont la fonction de paiement n’était plus significative. Elles faisaient double emploi. À leur tour, les cartes universelles comme le réseau VISA se sont segmentées en plusieurs types de cartes suivant le pouvoir d’achat du porteur (ex. : PaSS- carte).

4) Cartes privatives

Les cartes privatives ont pour but de fidéliser la clientèle. Elles répondent aux principes de marketing des cartes : segmentation de la clientèle par la diversification de produit. Pour les chaînes de grands magasins, c’est un produit marketing. Pour la banque à qui est confiée la sous-traitance, c’est une source de float, un moyen de capter un mouvement supplémentaire et de réduire les coûts de transaction. Le traitement de la carte se fait au choix par une autre banque ou en interne par une banque de groupe. La carte FNAC est sous-traitée à la Sovac, alors que la carte Auchan est gérée par la banque Accor qui fait partie du groupe. En Angleterre, Marks & Spencer a choisi d’acquérir une licence bancaire pour offrir des services bancaires à sa clientèle, alors que Tesco préfère sous-traiter les services de paiement et assimilés à la Royal Bank of Scotland.
En France, plusieurs sociétés spécialisées se partagent le marché.

Cetelem qui émet la carte « Aurore » utilisée par 9 millions de porteurs est une filiale de BNP-Paribas. Finaref, leader du marché avec 8,5 millions de porteurs de cartes, est une filiale du Crédit Agricole. Finaref gère les enseignes du groupe Pinault héritées de Finaco (Printemps, FNAC, Conforama, La Redoute, Redcoats – vente à distance – et Club Med – avec qui Finaref a passé un accord de partenariat). Finaref est également le premier établissement de crédit à la consommation par l’intermédiaire de sa filiale, la BGC (Banque Générale du Commerce). Le groupe du Crédit Agricole est ainsi leader sur le marché de la carte de paiement et sur le marché du crédit à la consommation qui lui est étroitement associé.

Au lieu d’être confiée en sous-traitance à un groupe bancaire ou à une société de services informatiques, la carte peut être entièrement contrôlée par le groupe de distribution : Cofidis, filiale des Trois Suisses (4 millions de cartes), Accof, filiale du groupe Auchan (1,5 million de cartes), Carrefour, Cofinoga, société de crédit à la consommation, filiale du groupe des Galeries Lafayette. La politique de co-branding (possibilité pour une enseigne d’apposer son logo sur une carte bancaire) permet de partager les coûts d’infrastructure, d’augmenter le volume des transactions, de réduire les coûts de traitement et de baisser le prix de l’abonnement. Ainsi Cofi¬noga a lancé une carte universelle en association avec Visa et MasterCard. Jusqu’à présent le GIE Carte Bleue a refusé de s’y joindre.
Les cartes multicartes sont des cartes émises par des groupements de commerçants (par quartier, par métier) qui font ainsi bénéficier leur clien¬tèle d’une gamme de services (par exemple de facilités de crédit) qui ne seraient pas autrement à leur portée.

Conçues pour fidéliser la clientèle, les cartes non bancaires sont aussi une source d’informations marketing, un moyen d’optimiser les campa¬gnes de promotion et d’associer à la carte des services annexes à forte valeur ajoutée (facilités de crédit en association avec une banque).

La carte Vitale émise par la Caisse Nationale d’assurance maladie et gérée par Cégétel en faveur des 36 millions d’abonnés sociaux assure le remboursement des dépenses de santé à partir de terminaux installés chez les médecins et les pharmacies. 616 millions de feuilles de soins électroniques (3 millions par jour) ont été télétransmises en 2002. La carte donne aussi accès au dossier médical du patient. Le gouvernement français a annoncé l’expérimentation d’une « carte électronique de vie quotidienne » pour faciliter les relations des usagers avec les administrations (Caisse d’allocations familiales, Assedic, cantines scolaires, clubs de sport, etc.).
L’objectif des réseaux de cartes bancaires est d’augmenter le nombre de cartes par habitant et le nombre de paiements par carte.

Le nombre de cartes bleues en France atteignait déjà 26,2 millions en 2003. Pour la première fois, le nombre de paiements par cartes a dépassé le nombre de paiements par chèques. La gamme des services attachés à la carte s’est étendue de la fonction « paiement » à la fonction « crédit » puis à toute la gamme des services bancaires et non bancaires. Certaines cartes privées sont de simples répliques des cartes bancaires, alors que d’autres sont de véritables concurrentes : elles détournent des paiements (et des fonds) qui auraient normalement transité par les réseaux interbancaires.

5) Le PME ou Porte-Monnaie-Electronique

Le porte-monnaie-électronique (PME) bénéficie de tous les avantages de la carte sans ses inconvénients. C’est un moyen de paiement universel d’une grande simplicité d’utilisation : à la différence de la carte, le PME est un moyen de paiement sans contact qu’il suffit de présenter devant la borne de reconnaissance. C’est également un moyen de paiement plus sûr que la carte : la carte préchargée n’est pas sujette à la fraude. Le PME est destiné à se substituer aux paiements en espèces de petits montants dans les commerces de proximité. Le PME peut être incorporé à une carte à puce classique : la puce rechargeable dans les agences bancaires ou chez
les commerçants contient une réserve d’argent limitée à 100 euros.

Elle permet des achats jusqu’à 30 euros. Le PME est également distribué sous forme de carte indépendante rattachée ou non à un compte bancaire. La combinaison sur le même support de la carte de débit (le « portefeuille ») et du PME (le « porte-monnaie ») constitue un instrument de paiement universel.
La diffusion des PME nécessite des investissements considérables. Il faut automatiser le traitement de transactions de petit montant et constituer un réseau de terminaux (parking, téléphones publics, self-service, pompes à essence, chaînes de distribution, etc.).

Un investissement de cette ampleur suppose un haut degré d’interbancarité et d’interopérabilité entre toutes les parties prenantes (usagers, commerces, banques, systèmes de paiement).
Le PME présente de nombreux avantages pour toutes les parties. Les banques réduisent leurs coûts de manipulation et de distribution de la monnaie : plus de traitement de petits chèques, moins de distributeurs automatiques, moins de guichets, moins de transports de fonds, moins de service de « caisse », moins d’espèces immobilisées, des transactions plus rapides. Les commerçants limitent les risques de caisse, d’erreur, de vol, tout en évitant les retards et les risques d’encaissement des chèques.

Ils réduisent les manipulations d’espèces. Les sociétés d’automates distributeurs et d’horo-dateurs économisent les coûts de ramassage et suppriment les pertes dues au vandalisme. Pour l’utilisateur et pour les commerçants les paiements PME sont beaucoup moins coûteux que les paiements en ligne.

Deux technologies se partagent le marché : le système belge Proton utilisé par le réseau Banksys et le système allemand Geldkart repris notamment par le réseau français Moneo. En Belgique, les 9 millions de cartes bancaires du pays sont toutes pourvues de la fonction PME et un tiers des clients l’utilisent, ce qui a complètement éliminé les chèques de petit montant. La technologie Proton repose sur une carte à puce et un traitement off-line des transactions. En 2003 le réseau géré par la société Banksys comprenait 90 000 terminaux (boulangers, marchands de journaux, épiciers), 15 000 cabines téléphoniques de Belgacom et 11 000 automates dis¬tributeurs, bornes de parking, photocopieurs, etc. Il est également utilisé dans les transports en commun.

En 2001 les paiements PME se sont élevés à 343 millions d’euros et avaient doublé en 2002. Le montant moyen des transactions était de l’ordre de 6 euros. Les cartes sont rechargées dans les distributeurs automatiques et dans les cabines téléphoniques. La commission perçue auprès du commerçant par les banques est de 0,75 % de la valeur des transactions. Vendu dans 59 pays, le procédé a été adopté en Scandinavie, en Asie et en Suisse. On recense 33 millions de cartes Proton dans le monde. L’ambition de Banksys est d’imposer le système Proton comme standard international et universel. Dans ce but, Banksys a lancé en collaboration avec les opérateurs de mobiles des fonctions de paiement à distance, sécurisé par la carte SIM du téléphone et directement prélevé sur le compte bancaire (en mode on-line).

Au Japon, la carte EDY émise par la société BillWallet, une filiale de Sony et de 57 autres actionnaires comprenant des opérateurs de télécommunication, des banques et Toyota, a atteint 25 millions fin 2004. Les PME peuvent être rechargés à partir d’un téléphone portable. Le montant moyen des transactions est passé de 500 yens (3,70 euros) à 700 (rappelons qu’il y a au Japon 60 000 milliards de transactions de moins de 3 000 yens par an).

En France, le programme Moneo, inspiré du système Geldkart, est développé et géré par la société BMS (Billétique Monétique Service). Le PME Moneo est une carte à puce sans contact (elle est activée dans un rayon de 10 cm du terminal) et sans numéro confidentiel. Le nombre d’informations qui transitent sur le réseau est donc réduit au minimum. La carte est rechargée auprès des bornes dans les agences bancaires et dans les bureaux de postes grâce à un numéro d’identification (tel le numéro de Carte Bleue). La carte Moneo se présente sous forme soit de carte PME, soit de « carte bleue » (cartes de crédit classique de type Carte Bleue), soit de « carte verte » (carte prépayée). Le montant maximum de recharge est de 100 euros et le montant maximum par achat est de 30 euros. En cas d’urgence (si le solde de la carte est insuffisant), la carte peut être rechar¬gée sur le terminal du commerçant dans certaines limites. L’abonnement est de 5 à 12 euros par an pour le porteur. Quant au commerçant, le coût se répartit entre les frais d’installation du terminal de 150 euros et une commission par transaction de 0,3 à 0,9 % des sommes prélevées. Cette commission est censée refléter la répartition des charges entre la banque et les commerçants en fonction des contributions de chacune des parties (garantie de paiement d’un côté, service de recharge des cartes de l’autre).

En France, les parkings Vinci, les horodateurs, les kiosques Relay, les distributeurs automatiques Selecta, la chaîne de boulangeries Paul acceptent le PME Moneo. Pour les réseaux qui manipulent d’importants volumes d’espèces, le PME permet d’éviter le transport et la manipulation des fonds, soit un gain de productivité (coûts de traitement et de coûts de sécurité). Cependant, certains syndicats de commerçants (les boulangers, les buralistes) considèrent la commission comme prohibitive par rapport aux marges qui se pratiquent dans ces métiers. Contrairement aux affirmations des protagonistes, le problème n’est pas dans la commission (les commissions versées en Belgique sont comparables). Les difficultés du programme Moneo sont liées à sa conception initiale : les promoteurs ont adopté une approche plus technique que commerciale. Les commerçants sont à l’évidence mal informés des avantages du PME en général et du programme Moneo en particulier.

La guerre des standards est engagée : le but est d’imposer une technologie capable d’incorporer toutes les fonctionnalités et de fédérer tous les réseaux. La Société Financière du PME Interbancaire (SFPMEI) a été créée dans le but de créer un émetteur unique de monnaie électronique. La SFPMEI aura pour objet d’émettre, de recouvrir et de gérer la monnaie électronique, de définir les normes de sécurité, de réduire les coûts et de
partager le savoir-faire tout en maintenant la concurrence (tarifs/services) entre les affiliés.

Par rapport au paiement en espèces, le PME présente deux inconvénients : le coût de traitement et l’absence d’anonymat. Le commerçant ne peut répercuter le coût d’abonnement et de traitement sur les prix lorsque ses marges sont très faibles. Il est aussi possible que pour des raisons fiscales certains commerçants répugnent à ce que toutes leurs transactions soient enregistrées.
Pour conclure provisoirement sur ce sujet, retenons que les cartes ont connu un développement rapide grâce à la simplicité de leur utilisation qui cumule les avantages du paiement en espèces et du paiement en ligne. Le traitement est entièrement informatisé.

La confidentialité et l’intégrité du message sont assurées. Mais elles nécessitent une infrastructure lourde (guichets de retrait automatique, équipement des points de vente, centres de traitement, connection immédiate avec les fichiers bancaires). Les cartes présentent également de nombreux avantages commerciaux. Elles permettent de collecter de nombreuses informations sur les habitudes d’achat des clients. En déclinant une série de services annexes à forte valeur ajoutée (crédit, assurance, voyage), la carte permet à la fois la diversification de la gamme de produits et la segmentation de la clientèle en fonction des objectifs marketing de l’émetteur.

La fraude reste le principal inconvénient des cartes de paiement. D’après l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, le taux global de fraude en 2002 s’élevait à 0,082 % (soit 242,5 millions d’euros). Elle est plus forte sur les cartes bancaires (0,082 %) que sur les cartes privatives (0,078 %), plus sur les cartes transfrontalières (0,0558 %) que sur les car¬tes domestiques (0,033 %).

L’autre inconvénient est d’ordre fiscal : l’utilisation d’une carte émise par une banque offshore facilite l’évasion fiscale. Le manque à gagner pour l’État américain serait de 70 milliards de dollars. L’IRS (Internai Revenue Service) a mis sous surveillance les deux grands réseaux Visa et MasterCard. Quant au réseau American Express, il a préféré passer un compromis avec l’administration à propos de certains clients sensibles.

Vidéo : Les moyens de paiement : Les cartes

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