La fonction des systèmes de paiement : L'efficience des systèmes de paiement

Accueil » Finance » La fonction des systèmes de paiement : L'efficience des systèmes de paiement écrit le: 1 mars 2012 par admin

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 Les critères d’efficience

L’efficience des systèmes de paiement se mesure à trois critères :

– les délais de paiement,
– la sécurité,
– les coûts.

Le délai de paiement est un coût pour le client qui ne peut disposer des fonds. La sécurité représente la qualité de la gestion des risques. Les coûts
comprennent les coûts directs de fonctionnement (communication, stockage, traitement des informations). Ne sont pas compris les coûts de liquidité. Chacun des deux premiers critères est exprimé par un coût qui entre à son tour dans le calcul des coûts de fonctionnement.

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 Les délais de paiement

Sur le plan macro-économique, le raccourcissement des délais de paie¬ment augmente la vitesse de circulation de la monnaie, améliore la liqui¬dité des marchés et favorise une meilleure réactivité des marchés. En sens inverse, l’allongement des délais de paiement augmente le volume des moyens de paiement en circulation et en cours de traitement. Il en résulte une moindre efficacité de la politique monétaire des autorités.
Sur le plan micro-économique, l’immobilisation de moyens de paie¬ment dans les circuits de paiement engendre un coût d’opportunité qui se traduit soit par un manque à gagner (fonds indisponibles), soit par un coût de substitution (il faut emprunter les fonds manquants). L’accélération des procédures de paiement permet au contraire de disposer de la liquidité et d’épargner le coût de refinancement par le recours au marché.

 La gestion des risques

Sur le plan macro-économique, la défaillance d’un membre peut entraîner la défaillance du système dans son ensemble (risque systémique). Sur le plan micro-économique, la gestion des risques entraîne un coût, qu’il s’agisse du coût d’investissement (le financement des mesures de sécurité) ou du coût d’opportunité (l’immobilisation de liquidité sous forme de cash ou de collatéral). Le degré de sécurité s’exprime en termes de pourcentage :
– le rapport des défaillances (en valeur) par rapport au volume total des transactions traitées (en valeur),
– le nombre de transactions finalisées par rapport au nombre total de transactions émises et introduites dans le système de paiement.

 Les coûts directs de transaction

Sur le plan macro-économique, les coûts de transaction réduisent la fluidité et la volatilité des marchés par le surcoût imposé aux transactions. Sur le plan micro-économique, les coûts pèsent sur les charges d’exploita¬tion de tous les participants quoique à des degrés divers.

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L’arbitrage entre les critères d’efficience

Pour un périmètre donné, les mesures prises pour renforcer l’un des critères se feront nécessairement au détriment des deux autres. Réduire les délais de paiement augmente les coûts directs de transaction (mais amé¬liore la sécurité du système). Améliorer la sécurité du système a un coût (tel le coût du collatéral) et peut allonger les délais de paiement (livraison des titres après le règlement du cash). Comprimer les coûts peut dégrader les performances du système en termes de délais de paiement et de sécurité.

La hiérarchie des préférences

Le comportement des acteurs économiques varie suivant leur localisation dans la chaîne des paiements et dépend de leurs priorités dans l’opération de paiement. Chacun des critères d’efficience est pondéré par les objectifs spécifiques à chacune des catégories de participants.

  •  Les particuliers : Comme ils manipulent généralement des opérations de faible montant, les particuliers sont avant tout sensibles aux coûts de transaction. Si ceux-ci sont trop élevés, ils détournent les particuliers de l’utilisation des moyens de paiement scripturaux qui transitent par des systèmes de paiement et les inciter à recourir à des paiements en espèces (qui ont aussi un coût).
  • Les petites et moyennes entreprises : Pour les entreprises qui ont relativement peu de transactions et travaillent avec des marges d’exploitation faibles, les coûts de transaction peuvent se révéler dissuasifs. En France, les PME, les commerçants accepteront le chèque plutôt que la carte de crédit ou le porte-monnaie électronique car l’émission et le recouvrement du chèque sont (encore) gratuits. Ils ne disposent pas d’éléments de comparaison qui leur permettent de mesurer le coût de manipulation, de transport et de stockage des espèces.
  • Les grandes entreprises : Les grandes entreprises ont des règlements de gros montants, elles sont donc particulièrement sensibles aux délais de paiement afin d’éviter l’immobilisation de sommes importantes. Comme elles manipulent de nombreux règlements, ces entreprises sont également sensibles aux modes d’informatisation capables de réduire les coûts de traitement et d’améliorer la sécurité des opérations. Le coût des erreurs est en effet prohibitif.
  •  Les banques : Les banques sont avant tout soucieuses de baisser les coûts de transaction en utilisant toutes les ressources de la technologie, afin de partager les coûts d’investissement, elles recherchent des accords d’interopérabilité et d’inter-bancarité. Certaines se spécialisent dans la gestion des flux et les activités de correspondent banking afin d’augmenter le volume du float, d’abaisser le break even et d’améliorer le rendement de leurs infrastructures. D’autres, au contraire, recourent à l’externalisation coutsourcing) de leurs opérations de paiement.
  • Les banques centrales : Responsables du bon fonctionnement des systèmes de paiement et de la mise en œuvre de la politique de régulation de la masse monétaire, les banques centrales sont attachées à la sécurité et à l’efficacité du système. En tant que superviseurs (du secteur bancaire et des systèmes de paiement), usagers (pour la mise en œuvre de la politique monétaire), opérateurs (du système RTGS) et banques de règlement (de la plupart des systèmes de paiement), les banques centrales sont évidem¬ment très attentives à ce que la place financière offre des conditions compétitives. Elles inciteront les banques à adopter les nouvelles technologies, à engager les investissements qui leur paraissent utiles à la promotion de la place ou nécessaires à la sécurité du système de compensation et de règlement. Leurs interventions peuvent prendre la forme d’une action conjointe avec les autres banques centrales. Comme tous les autres opéra¬teurs, les banques centrales doivent arbitrer entre l’efficacité et la sécurité du système.

Les systèmes de paiement ne sont pas neutres. Ils sont à la fois pourvoyeurs et demandeurs de liquidité. Le mécanisme de la compensation réduit considérablement le volume des liquidités nécessaires pour assurer la finalisation des paiements. Il augmente la vitesse de circulation de la monnaie et diminue la demande de monnaie pour des motifs de transaction. En améliorant la réactivité de l’économie, le système de paiement permet à la politique monétaire d’obtenir le maximum d’effet sur les prix et les volumes (taux d’intérêt et masse monétaire) au moyen du minimum de création monétaire. Une banque centrale a recours à tous les instruments de marché compatibles avec sa politique monétaire. Encore faut-il disposer de systèmes de paiement efficaces, c’est-à-dire économiques, rapides et sûrs.

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De la même façon, les systèmes de paiement sont jugés sur leur capacité de finaliser le maximum de règlements (en valeur) avec le minimum de liquidités. Des méthodes de gestion de plus en plus élaborées ont ainsi pour objectif d’obtenir la meilleure utilisation possible de la liquidité disponible. Les systèmes de paiement cherchent également à tirer le meilleur parti des effets de réseau en multipliant les produits à valeur ajoutée qui enrichissent le produit de base (le paiement), augmente la rentabilité des infrastructures et la « valeur » du réseau.

Vidéo : La fonction des systèmes de paiement : L’efficience des systèmes de paiement

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